La transe est un état naturel entretenu par le praticien. A la fin d’une séance, ce dernier invite le sujet à se réassocier à son corps et à revenir dans l’ici et maintenant. Le sujet ne peut pas rester « bloqué » dans cet état car lorsque la relation est rompue, il sort spontanément de la transe. Dans quelques cas, lorsqu’il est allé profondément en transe, le sujet peut s’endormir pour une courte sieste. Il pourra alors se réveiller de lui-même ou sera invité à ouvrir les yeux. Au cours de la séance, le sujet peut, s’il le souhaite, mettre un terme à l’expérience hypnotique.

Un état de perte de conscience correspond au sommeil or, en état d’hypnose on ne dort pas : D’un point de vue neurologique, le cerveau émet des ondes cérébrales différentes selon son activité (veille, sommeil, détente, etc.). L’enregistrement de cette activité réalisée à l’aide d’un examen (l’électroencéphalogramme) révèle que l’état d’hypnose est un état de conscience différent du sommeil. D’ailleurs, pendant la séance, rien n’empêche le sujet de communiquer verbalement avec le praticien ou encore d’ouvrir les yeux. La fermeture des yeux est toutefois plus intéressante dans la mesure où elle permet une meilleure absorption et une meilleure focalisation de l’attention.

Il n’en est rien. Tout d’abord, il n’est nul besoin d’une transe profonde pour produire un changement durable ni pour expérimenter tous les phénomènes de l’hypnose. Ensuite, l’hypnose légère ou moyenne est un support de travail plus confortable pour le client comme pour le praticien car en transe profonde, la communication est « engourdie ». Enfin, une transe profonde nécessite un certain entraînement pour le sujet ; vouloir à tout prix atteindre cet état dans le cadre d’une consultation revient à poser une contrainte : cet objectif (verbalisé ou non) devient préalable à l’atteinte de l’objectif même de la séance.
En revanche, la transe profonde (dite somnambulique), revêt un intérêt particulier pour revivre des souvenirs anciens et travailler sur des traumatismes passés par exemple.

Un sujet qui refuserait de révéler des informations en état de veille, ne sera pas disposé à les révéler en état d’hypnose. Pour qu’une suggestion soit prise en compte, elle doit avoir été acceptée par le sujet. De ce fait, si une demande heurte le système de valeur de ce dernier ou bien va à l’encontre de sa volonté d’y répondre, soit il rejette la suggestion, soit il sort de l’état de transe : le sujet garde toujours son libre arbitre.

Que ce soit de façon intentionnelle ou non, nous influençons ou nous manipulons toujours lorsque nous communiquons. Il y a cependant une distinction à faire entre l’influence et la manipulation : Cette dernière, même si ses intentions sont bonnes, est orientée vers nos propres intérêts alors que l’influence est orientée vers les objectifs du sujet, choisis par lui. L’influence du praticien est donc thérapeutique, réalisée en conscience et de manière éthique.

Il arrive, dans certains cas, que la solution soit trouvée dès la première séance. Ce sont ces cas qui alimentent la réputation de pratique « magique » ou « miraculeuse » de l’hypnose. Un tel résultat ne peut être généralisé car le problème pour lequel le sujet consulte peut être plus profond qu’un « simple » dysfonctionnement inconscient. Il se peut même que la plainte à l’origine de la consultation ne soit pas le véritable problème. L’hypnose s’inscrit dans le cadre des thérapies brèves. Cela signifie que, contrairement à certaines techniques analytiques, peu de séances sont nécessaires pour obtenir un résultat satisfaisant dès lors que l’hypnose convient au sujet. Le nombre de séances dont le sujet aura besoin est variable : de 1 à 10 séances. Il faut compter en moyenne 5 à 6 séances pour obtenir un changement durable.